Calais : l'immersion bilingue bénéfique aux apprentissages
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paru le 26/01/2026 - Mise à jour le 29/01/2026 (15:20)
Extrait du livret Calais territoire bilingue / Illustrations : Solenn Bihan (Langue Dessine)
30 % des échanges en classe dans les écoles publiques à Calais se font aujourd’hui en anglais. Cette proportion doit augmenter progressivement, à mesure que les premières promotions vont se rapprocher du bac. Mais dès le début, le rectorat qui a été à l'initiative du projet − « Calais territoire bilingue » −, s'interroge : quelles vont être les conséquences d'un déploiement à une aussi large échelle sur les enfants qui apprennent la lecture en CP et CE1 ? C'est pourquoi elle fait appel à une équipe de recherche du laboratoire Sciences cognitives & sciences affectives (Scalab), spécialiste du sujet.
Car la plupart des études effectuées sur le bilinguisme, l’ont été sur des milieux moyens ou favorisés, sans retard particulier. Elles n’ont la plupart du temps pas mis en évidence de différence, à part peut-être un léger retard de vocabulaire. Or, près de la moitié des écoles de Calais sont classées en réseau d'éducation prioritaire, REP ou REP+. Des enfants qui ont plus souvent que la moyenne des fragilités dans les acquisitions, avec un langage parfois moins développé, moins de vocabulaire, et qui mettent plus de temps pour apprendre à lire.
C'est pourquoi avec l'accord des parents, des tests anonymisés pilotés par l’équipe de recherche sont effectués à partir de 2021. Collectifs et individuels, ils sont réalisés en début de CP, en fin de CP et en CE1 sur un peu moins de 200 enfants soit 15 à 20 % d'une tranche d'âge environ à Calais. Ils évaluent avec précision la compréhension, le vocabulaire en français, la vitesse de lecture, etc.
Les résultats montrent que les élèves en immersion bilingue ont une lecture plus précise, plus fluide et la même richesse de vocabulaire que les autres. Des études devraient donc continuer à les suivre dans leur scolarité, et évaluer si ce bilinguisme a d’autres bénéfices, notamment pour les populations les moins favorisées, alors que la première promotion a déjà 5 ans d’immersion bilingue derrière elle. ■