Étudiant·es artistes en exil

Catégories : Magazine Actualités internationales Université engagée Université inclusive

Lucie Feutrier-Cook, experte en migrations et droit d’asile met en lumière dans ce livre plusieurs artistes en exil accueillis à l’Université de Lille.

paru le 26/01/2026 - Mise à jour le 29/01/2026 (15:20)

Peinture d’une femme colorée

Peinture de Masooda Ferdous, sur la couverture du livre

Masooda Ferdous
Peintre et céramiste, Afghanistan

Les yeux grands ouverts. C’est ainsi que Masooda Ferdous peint les femmes d’Afghanistan, privées de droits et de liberté. « Je peins pour qu’elles existent. Et tant que leurs yeux me regardent, elles ne disparaîtront pas. » Également céramiste et ancienne directrice adjointe du 8e district de Kaboul, elle doit fuir son pays à l’arrivée des talibans, avec seulement « un pantalon et un t-shirt ». Passée par Paris, elle arrive à Lille et s’inscrit au diplôme universitaire (DU) Passerelle, pour perfectionner son français avant de reprendre ses études, tout en continuant son art, organisant des manifestations ou participant à des actions pour les étudiantes afghanes. ■

Mohammed Alaloul
Danseur et chorégraphe, Palestine

Depuis qu’il a 4 ans, Mohammed Alaloul danse le dabké palestinien, une danse traditionnelle du Levant pour laquelle il a été primé. Forcé de fuir Gaza détruite par la guerre, il parvient à obtenir un visa pour la France. Accueilli en résidence au Festival d’Avignon, qui « change sa vie », il a l’occasion de faire découvrir son art à toutes sortes de publics. Il prépare le DU Passerelle de l’université et un master Finance Technology Data. « Continuez à créer, dit-il aux artistes en exil, car chacun d’entre vous porte une histoire qui mérite d’être racontée ». ■

Mohammad Razah Alaklah
Journaliste, Irak

Jeune journaliste irakien, Mohammad Razah Alaklah fait les frais de sa plume libre et engagée et doit fuir son pays. Passé par la Turquie et la Norvège, il finit par rejoindre Lille en 2021. Après le DU Passerelle de l’université, il intègre l’école supérieure de journalisme (ESJ Lille). « Et si je meurs, quel travail restera de moi ici ? » s’interroge-t-il aujourd’hui, de plus en plus passionné par le documentaire, où ce sont « les gens qui parlent, [et] pas le journaliste », tout en défendant son métier, outil puissant au service de la vérité, de la mémoire et du sentiment d’humanité. ■