Innovation : des interlocuteurs pour les entreprises

Catégories : Magazine Monde socio-économique Entreprise Valorisation de la recherche

Focus sur un métier, celui de business developer, qui aide les entreprises à collaborer avec la recherche publique pour faire émerger des innovations.

paru le 26/01/2026 - Mise à jour le 29/01/2026 (15:20)

Un groupe d’hommes en écoutent un autre, devant un mannequin, un IRM et divers appareils.

Visite d’une plateforme technologique lors des rencontres Innovation Recherche - Entreprises

Un interprète ? Mieux, un « architecte de collaboration » ! C’est ainsi que Quentin Merel décrirait le mieux son métier, business developer, maillon essentiel du pôle universitaire d'innovation Lille (PUI Lille). Créé en 2023, le PUI Lille est pour les entreprises le guichet unique de la recherche et de l'enseignement supérieur, dont il rassemble les acteurs-clés➊. En son sein, les business developers prennent en charge les entreprises et leurs problématiques d’innovation quand elles nécessitent une expertise scientifique.

Interprètes, ils le sont notamment parce qu'à l'interface de deux cultures. « C'est important lors des premiers contacts avec les entreprises, qui n'ont parfois pas conscience du temps que prend la recherche », explique cet ingénieur chimiste et docteur en biologie. Avec les autres business developers, il fait visiter des plateformes technologiques ouvertes aux industriels, et aide ceux-ci à identifier et découvrir les différentes expertises des équipes de recherche lilloises. « Par exemple, j’ai mis en relation une équipe spécialisée de l’Inria et la startup Myodev qui avait besoin d’améliorer l’interface homme-machine de ses applications », explique Quentin Merel.

Son travail est aussi proprement celui d’un architecte, construisant peu à peu une collaboration de long terme entre laboratoires et entreprises. Un suivi de longue durée, qui débute en aidant ces dernières à traduire leurs besoins en questions concrètes. De ce côté-là, les grandes entreprises, avec leur expérience de la R&D sont un petit peu mieux armées. Même si, comme le souligne Quentin Merel, elles ne forment en moyenne que les deux tiers des demandes qu'il traite. « Il y a aussi un enjeu financier, rappelle-t-il, débuter une collaboration demande un minimum de moyens, pas toujours accessibles aux petites structures ».

C'est pourquoi de nombreuses collaborations commencent souvent par un stage de six mois d'un étudiant en master. Dès l’étape suivante se pose en effet la question du financement, par exemple pour les thèses « Cifre » entre un laboratoire et une entreprise, aidées par l’État mais qui demandent un minimum de trésorerie. « Pour cela, nous bénéficions de la force de frappe du PUI, explique Quentin Merel, nous partageons nos données et nos connaissances afin de mobiliser un large éventail de financements. » y compris pour d’autres formes de partenariats plus développés. ■

Les business developers du PUI travaillent à rendre la recherche plus proche du terrain : traduire les compétences des laboratoires en solutions concrètes pour les entreprises, et structurer nos démarches pour que chaque partenariat crée davantage de valeur pour les deux parties

Jean-Pierre Leac, responsable de l’action Business developers du PUI

 

Le pôle universitaire d’innovation (PUI Lille)

Réunis autour de l’Université de Lille, chef de file du projet, le PUI Lille fédère Centrale Lille, le CHU Lille, CNRS, Eurasanté, IMT Nord Europe, INRAE, Inria, Inserm, Inserm transfert et SATT Nord. Aux côtés de leurs missions pour le PUI, les business developers sont employés par ces différentes institutions. Quentin Merel est par exemple chargé de partenariats et projets d’innovation à l’Inria.