Journée internationale pour la présence des femmes dans la science

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En ce 11 février, journée internationale pour visibiliser les femmes dans les sciences, l’Université de Lille réaffirme son engagement pour une meilleure représentation et une égalité réelle dans tous les espaces académiques.

paru le 06/02/2026 - Mise à jour le 06/02/2026 (10:45)

A l’Université de Lille, les étudiantes représentent 62% des effectifs. Elles représentent 60,7% en licence et 63,2% en Master. Toutefois, arrivées en doctorat, elles ne représentent plus que 49,3%. De plus, de fortes disparités sont visibles en fonction des champs disciplinaire d’études.

Les femmes sont en effet peu présentes dans certaines disciplines, en particulier les disciplines scientifiques les plus valorisées et reconnues socialement. Par exemple, à l’Université de Lille, en sciences et technologies, les femmes représentent seulement 36,6% des étudiant·es.

A l’inverse, dans d’autres disciplines, les femmes sont très présentes. En sciences humaines et sociales, elles représentent 72,4% des étudiant·es, branches où les salaires sont parmi les plus bas du marché.

De même, bien que les employées BIATSS de l’Université représentent 62% des personnels, elles sont peu présentes dans les plus hautes fonctions. Quant aux personnels enseignants et enseignants chercheurs, les femmes représentent 43%. Leur proportion diminue au fur et à mesure que l’on monte en grade. Ainsi, en 2023, les femmes représentaient 43,9% des Maîtresses de conférences, mais seulement 34,3% des Professeures des universités.

Pour encourager l’ensemble de la communauté universitaire à s’interroger sur les raisons et les biais qui freinent les carrières des femmes, ainsi que de trouver des moyens de contrer ces inégalités, l’Université de Lille met en place tout au long de l’année différentes actions : mentorat, conférences, sensibilisations aux stéréotypes de genre, au continuum des violences, à la lutte contre les discriminations, participation de la Mission égalité et diversité à des groupes de travail nationaux (allaitement, parentalités), etc.

7 badges pour rendre femmage à des figures féminines inspirantes

Dans cette continuité et à l’occasion de la Journée internationale pour la présence des femmes dans les sciences, l’Université de Lille propose 7 nouveaux badges rendant femmage à et visant à faire connaître des intellectuelles, artistes, scientifiques, etc., qui ont fait avancer leur discipline et la société.

Hubertine Auclert (1848 – 1914) 

Actrice majeure du féminisme dans la lutte pour les droits des femmes et la féminisation de la langue française, elle passa sa vie à identifier et à lutter contre le système patriarcal, spécifiquement dans les sphères publique et politique. Du refus de payer les impôts d’une société qui ne reconnaît pas la place des femmes à la création du journal La Citoyenne, l’ingéniosité de son activisme a marqué les esprits et les époques malgré son invisibilisation.

Artemisia Gentileschi (1593 – ca.1653-1656) 

Peintresse majeure de l’art baroque, elle connaissait un grand succès de son vivant. Bousculant le monde de l’art dès son plus jeune âge, elle fut la première femme à entrer à l’Académie de dessin de Florence. On lui reconnaît des approches artistiques spécifiques et un talent pour retransmettre la violence dans ses tableaux. Dans une démarche d’empouvoirement, elle marque également son époque en inversant le stigmate de victime.

Jane Goodall (1934 – 2025) 

Éminente primatologue, elle a révolutionné la compréhension que la science et le monde ont des primates en étant pionnière dans l’étude comportementale des chimpanzés. Ainsi elle a développé une approche non ancrée dans la lecture stéréotypée des interactions animales jusqu’alors copiées sur celles des humains. Elle était également très investie et reconnue dans la protection du monde animal.

Maryam Mirzakhani (1977 – 2017) 

Mathématicienne iranienne, elle fut la première femme lauréate de la médaille Fields (plus haute distinction de la discipline). Scientifique de génie, elle part aux États-Unis effectuer sa thèse portant sur la géométrie des surfaces et contribue déjà aux avancées mathématiques. Avant de décéder prématurément elle nourrissait l’espoir – aujourd’hui accompli – d’ouvrir le chemin à de nombreuses femmes scientifiques.

Paulette Nardal (1896 – 1985) 

Pionnière de la notion de négritude, elle était autrice, journaliste, activiste et femme politique. Que ce soient avec ses sœurs ou ses collègues, elle passa la majeure partie de sa vie à lutter et informer pour une conscience noire française. Elle fut une figure politique importante pour les droits des femmes en Martinique et aux Nations Unies. Elle s’est notamment battue pour la visibilisation et les droits des femmes racisées, un combat que l’on nommerait aujourd’hui intersectionnel.

Michelle Perrot (née en 1928) 

Historienne contemporaine, et militante féministe, elle a révolutionné la discipline historique en étant pionnière dans les études d’histoire des femmes et du genre, et du féminisme. Elle se spécialise d’abord sur l’histoire ouvrière, ouvrant la porte à reconnaissance du rôle des femmes dans l’histoire et dans les luttes. Elle sollicite tout au long de ses travaux des approches pluridisciplinaires, tout en s’intéressant à l’histoire des minorités.

Élisa de Try (1848 – 1922) 

Née à Cambrai, elle débute sa carrière de violoncelliste jeune et fut vite reconnue pour son talent. Elle fit également partie d’un quintette exclusivement féminin, ce qui était rare pour l’époque. Seule ou accompagnée elle a effectué de nombreuses représentations notables dans toute l’Europe mais aussi à New York. Elle consacra la fin de sa carrière à la musique de chambre. Un cénotaphe lui est dédié au cimetière de l’Est, à Lille.