La dépression, entre art et recherche
Catégories : Magazine #8 Culture Recherche Science & société
paru le 02/09/2026 - Mise à jour le 11/09/2026 (14:33)
Dessin illustrant l’exposition
Du 20 mai au 14 juin 2026, le Palais Rihour accueillait « Les visages de la dépression» , une exposition retraçant l’histoire de cette maladie à travers les siècles. Loin d’être un phénomène contemporain, elle est décrite dès l’ Antiquité sous le terme de « mélancolie ». Des textes mésopotamiens à Hippocrate, puis aux avancées de la psychiatrie moderne, l’exposition rappelait la permanence de cette souffrance humaine, dont les formes et les interprétations n’ont cessé d’évoluer.
Le parcours s’appuyait sur une dizaine de panneaux enrichis de dispositifs immersifs pour donner à voir la pluralité des formes que peut prendre la maladie, à la croisée du regard médical et de l’expression artistique. Des créations réalisées par un patient pendant ses épisodes dépressifs croisent des films et des supports interactifs. Les visiteurs ont pu expérimenter un espace de réalité virtuelle, mettant en perspective les différences de perception entre une personne en bonne santé et une personne en souffrance, tandis qu’un filtre numérique proposait d’explorer les émotions à partir des expressions du visage.
Au cœur de l’exposition, le projet Calypso met en lumière les apports de la recherche menée par l’Université de Lille, le CHU de Lille et l'unité Lille Neuroscience & Cognition (Lilncog). Ce programme s’appuie sur l’intelligence artificielle pour analyser des signes visibles de la dépression. « La dépression est une maladie aussi ancienne que l’humanité. Ce qui évolue, c’est notre capacité à l’observer, souligne le professeur Ali Amad, praticien hospitalier en psychiatrie et porteur de l’exposition. En croisant art, science et médiation, « Les visages de la dépression » a permis de sensibiliser le public et à lever les tabous autour de la santé mentale. » ■
« La dépression est une maladie aussi ancienne que l’humanité. Ce qui évolue, c’est notre capacité à l’observer. »
Ali Amad, professeur et praticien hospitalier en psychiatrie
Médiation scientifique
L’exposition est développée par Les sciences infusent, programme de médiation scientifique de l’université