La science à hauteur d’enfant
Catégories : Magazine Dossier Recherche Science & société
paru le 26/01/2026 - Mise à jour le 29/01/2026 (15:20)
Deux enfants lors des activités pédagogiques des « Sciences c’est leur chance »
« Comment mon cerveau retient ? C’est quoi l’hippocampe ? Ça fait quelle taille les neurones ? » Les questions fusent de la bouche des 13 élèves de CP de l’école Jean Zay à Wattrelos près de Roubaix. Aujourd’hui, ils découvrent la mémoire avec Barnabé Hache, doctorant à l’Université de Lille. Il intervient en effet dans des classes d’écoles primaires pour réaliser des activités de médiation scientifique avec « Les sciences, c’est leur chance », un dispositif lancé l’année dernière par la Maison pour la science (MPLS) .
La leçon du jour : le fonctionnement du cerveau et de la mémoire. Très utile pour des enfants qui réalisent des dictées chaque semaine ! « Je co-construit avec Barnabé la séquence d’apprentissage, raconte Charlotte Lesueur, l’enseignante. Il apporte son expertise et mon rôle est plutôt d’adapter son discours à l’âge et à la capacité de concentration des élèves ».
C’est donc autour de mots vus en classe que Charlotte et Barnabé vont tenter de faire comprendre le fonctionnement de la mémoire aux enfants. Schéma, maquette, IRM… ils découvrent le cerveau sous toutes ses formes et arrivent rapidement à identifier certaines zones et leurs fonctionnalités. Ils utilisent même des petites modélisations de neurones qu’ils ont fabriquées un peu plus tôt. « Plus l’élève est actif, plus il a de chance de retenir ce que nous lui montrons » indique Albine Courdent, professeure à l’Université de Lille et directrice de la MPLS en Nord Pas-de-Calais. « C’est pourquoi nous intégrons le plus d’interactions possibles à la démarche d'investigation scientifique (questionnement/hypothèse/modélisation). ».
Outre Barnabé, huit autres doctorants participent cette année au dispositif. Le jeune homme y trouve de nombreux avantages : « Cela me permet d’enrichir mon CV mais aussi de me sortir la tête de ma thèse » explique-t-il avec humour. Certes, c’est du travail supplémentaire pour lui et l’enseignante, mais son public le lui rend bien ! « J’ai eu le droit à un véritable bain de foule à mon arrivée », rit le doctorant.
« L’objectif est d’ouvrir l’esprit de jeunes de quartiers défavorisés, et de rajeunir l’image de la science » précise Albine Courdent, qui coordonne le dispositif dans la région. « Et si nous pouvons susciter des vocations, c’est encore mieux ! » On ne sait pas encore si Tao, Noémie ou Maelya deviendront chercheurs, mais une chose est sûre, tous repartent avec le sourire ! ■
La maison pour la science
La maison pour la science est un service de l’INSPÉ de l’académie de Lille – Hauts-de-France, composante de l’Université de Lille.