Les sciences avec et pour la société
Catégories : Magazine Dossier Recherche Science & société
paru le 26/01/2026 - Mise à jour le 29/01/2026 (15:20)
Parce que la science est mise en cause
Ces dernières années, la méthode scientifique, voire la rationalité elle-même sont attaquées, y compris au sein de la classe politique. Aux États-Unis, une inquiétante dérive institutionnelle remet en cause la vaccination, ou contraint des structures publiques à minimiser l’origine humaine du changement climatique. En France, des organismes essentiels tels que l’Anses, l’Ademe ou l’Office français de la biodiversité subissent de violentes attaques.
→ Faire comprendre le rôle de la recherche
Face à ces difficultés, l’université, mise sur l’éducation et le contact direct avec les chercheuses et chercheurs. Parents, enfants et enseignants peuvent les rencontrer notamment lors de l’événement-phare que constitue le festival des sciences, à l’automne, à travers des ateliers ludiques et pédagogiques. L’université accueille aussi fréquemment des classes sur ses campus et soutient le travail de leurs enseignants. Elle cherche à démystifier et faire comprendre l’importance des métiers de la recherche, par exemple au travers d’un jeu dédié (voir p. 18), de conférences, etc. ■
À Villeneuve-d’Ascq, un lieu pour découvrir la recherche
L’université accueille également, tout au long de l’année, les groupes scolaires dans un espace dédié à la recherche en train de se faire, Xperium, autour de stands animés par des doctorants. Actuellement, la 6e saison est axée sur les transitions.
Parce que la désinformation se développe
Les sciences sont loin d’être épargnées par la désinformation, notamment en santé − TikTok ou Youtube contiennent beaucoup de contenus problématiques, par exemple sur le trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), que leurs algorithmes ont tendance à favoriser. Les médias traditionnels, n’échappent pas à la désinformation, notamment dans le domaine climatique comme l’indiquait en avril 2025, une étude de trois ONG.
→ Lutter contre la désinformation
La réponse de l’université est là aussi fondée sur l’éducation − en contribuant à développer l’esprit critique, par exemple avec une émission de radio animée par les lycéens, qui leur apprend à recouper et vérifier leurs sources (voir p. 12). L’université répond aussi en mettant à disposition du public des ressources documentaires fiables, sur de nombreux sujets. Elle a en particulier préparé une série d’émissions de télévision (La grande enquête) qui met en lumière l’éclairage de chercheurs sur les enjeux de société (voir p. 18). ■
Parce qu’il y a besoin de jeunes dans les carrières scientifiques
Les transitions environnementales ou énergétiques se feront aussi parce que des femmes et des hommes seront là pour les porter. Les décennies à venir auront besoin de jeunes formés aux sciences, mais aussi de citoyens à l’aise avec les enjeux de ces dernières, et conscients de leur apport à la société.
→ Donner le goût des sciences
Beaucoup d’actions visent à démystifier la recher-che, notamment via des semaines d’immersion dans les laboratoires et campus, rythmées par des rencontres, des expériences, des visites (écoles, 3e, 2nde, lycéens des déserts médicaux…). Une immersion en laboratoire est également possible pour des artistes, via une résidence d’un an (voir p. 15). Parfois, des chercheurs viennent travailler avec un enseignant en primaire pour préparer une séance en classe sur un thème scientifique (voir p. 16) ou mener un projet en lycée professionnel (voir p. 13). L’université favorise aussi la découverte de la science par les défis scientifiques (concours Faites de la science pour les collégiens et lycéens ; « challenge Xperium », qui réunit lycéens et étudiants, avec une édition annuelle dédiée aux filières professionnelles). ■
Parce que la société est confrontée à des situations inédites et instables
Aujourd’hui, le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité mettent nos modèles sous pression. Du pétrole aux terres rares, en passant par l’eau, la compétition pour les ressources alimente les tensions géopolitiques. Pourtant, les scientifiques nous montrent la marche à suivre, via des scénarios crédibles pour faire évoluer notre système agricole, notre mobilité, notre organisation.
→ Aider à comprendre le monde et à agir
L’université ouvre grand les portes de ses campus à la société civile. Sa boutique des sciences en aide les différents acteurs − associations, collectivités… − à répondre à leurs questionnements concrets (voir p. 14) en montant des projets de recherche en commun. L’université organise aussi des événements où chercheurs et société dialoguent (avec les acteurs culturels, les professionnels de l’éducation, des philosophes et écrivains, etc.) et viennent nourrir la réflexion des citoyens. Des réflexions qui peuvent être également stimulées d’une autre manière, par le spectacle vivant (grâce à des résidences où des artistes collaborent avec des chercheurs). Dans un autre domaine, l’université ouvre au grand public des équipements de simulation de pointe, pour les former à des gestes médicaux nécessaires au soin de leurs proches. ■
Jeu sérieux, outil de compréhension
Face à des réalités mouvantes et complexes, le jeu sérieux a de nombreux atouts : diffuser les connaissances, mais aussi mettre les joueurs en situation d’agir et de prendre des décisions. L’université abrite de multiples initiatives en ce sens, et les encourage en organisant tous les ans, fin janvier, un hackathon (Serious Game Jam), qui vise à créer en un temps limité des jeux sur des questions de recherche.