« Soutenir l’université, c’est soutenir les territoires »

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À la tête de Nantes Université et de l’association L’Initiative, − dont fait partie l’Université de Lille − Carine Bernault défend une vision constructive de l’enseignement supérieur dont elle rappelle la contribution essentielle.

paru le 23/01/2026 - Mise à jour le 29/01/2026 (15:20)

Une femme devant une sorte de buffet, à demi-assise sur un bureau, regarde l’objectif.

Carine Bernault (crédit : David Gallard)

Quelle est l’origine de L’Initiative ?

L’association est née en avril 2024 autour de six établissements unis par I-SITE➊. En deux ans, ce cadre commun a favorisé de nombreux projets et fait émerger un collectif solide. Nous avons voulu faire de nos labels d’excellence un moyen au service de nos missions de service public et de notre action concrète. Notre ambition est claire : renforcer l’impact de nos universités sur les territoires et contribuer à la transformation de la société, en particulier au regard des objectifs de développement durable de l’ONU.

Dans un contexte où l’université est souvent abordée sous l’angle de ses difficultés, vous souhaitez porter un discours positif ?

Oui, parce que l’université est aujourd’hui une des solutions pour faire face aux défis industriels, sanitaires, démographiques, démocratiques, environnementaux... Par la formation, la recherche et l’innovation, nos établissements apportent des réponses. Ils contribuent de manière décisive au développement des territoires. C’est ce que confirme une étude économique inédite, menée par des scientifiques de l’Université Gustave Eiffel : nos six universités génèrent 4 milliards d’euros d’activité économique et 80 000 emplois. Concrètement, 1 euro investi à l’université produit 2,7 euros d’activité économique, soit trois fois plus que n’importe quelle autre institution publique. C’est un argument puissant, qui montre que soutenir l’université, c’est soutenir les territoires. Sans nier les contraintes, notamment financières, nous rappelons que l’université est un investissement pour l’intérêt général. Porter un discours positif est indispensable : demander plus de moyens, c’est défendre ce qui bénéficie à toute la société.

Quelles actions concrètes avez-vous déjà menées ?

Outre l’étude d’impact, que nous souhaitons renouveler tous les deux ans et dont nous fournirons la méthodologie à tout établissement intéressé, nous avons pris plusieurs positions fortes sur des sujets importants : la revoyure de la loi de programmation de la recherche, l’accueil des étudiants internationaux. Nous avons aussi organisé des temps forts, comme la journée d’étude à l’occasion des dix ans du label I-SITE, la « semaine des transitions » élargie aux six établissements et plusieurs colloques.

Enfin, nous tenons à asseoir notre propos sur des actions concrètes, par exemple en travaillant sur un démonstrateur autour d’une problématique commune : la gestion de l’eau. Porté par les vice-présidents Innovation, ce sujet est majeur à l’échelle nationale comme locale. Un autre projet concernant la vie étudiante est en préparation.

Quelles perspectives voyez-vous pour le collectif ?

Nous sommes encore dans une phase d’installation et devons affirmer l’identité de l’association dans un paysage déjà dense. Notre atout majeur reste l’alignement de nos six établissements, leurs ancrages territoriaux complémentaires, leur cohérence stratégique et notre mobilisation : les présidents se réunissent tous les mois, créant une vraie relation de confiance, et les vice-présidents échangent activement, avec des retours positifs et des partages d’expérience riches.

Dans un contexte difficile pour les universités, il est impératif de poursuivre ce travail et de rappeler que l’enseignement supérieur et la recherche sont essentiels pour la démocratie et ne constituent pas un coût mais un investissement. ■

 

➊ Les Initiatives Science-Innovation-Territoires-Économie (I-SITE) désignent des universités dont les atouts scientifiques, concentrés et reconnus à l’international, servent de leviers majeurs pour leur stratégie de développement et leurs partenariats avec le monde économique.

L’université est aujourd’hui essentielle face aux défis industriels, sanitaires, démographiques, démocratiques et environnementaux.

Carine Bernault